Dominique Jalu
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Malakoff - Huesca y viceversa

samedi 30 juillet 2011, par Dominique Jalu

La proposition est venue de faire un échange d’exposition entre Malakoff et Huesca en Espagne.

Avec Mouhannad Al Audat et Marie Picard, j’ai fait partie de l’aventure. Mais finalement je ne me suis pas rendu sur place. C’est Mouhannad qui a emporté mes travaux. A Huesca, ville du nord de l’Espagne, le centre culturel qui accueillait nos œuvres est un ancien abattoir pour les taureaux qui a été joliment restauré.

Donc j’ai préparé une série de peintures sur papier avec des tons doux comme des textiles. Et j’ai rédigé ce texte de présentation :

Une image n’est pas une surface. On ne peut pas trouver l’image dans sa surface. Une image ne vient pas quand on a pris un crayon bien taillé et un beau papier et que légèrement et en douceur on dessine des contours propres et nets et, que, ensuite, avec une gomme pour effacer ce qui dépasse, on évite les petites taches et les traces de doigt. Une image ne vient pas d’un pinceau soyeux et de jolies couleurs sur un canevas blanc et immaculé.

Une image ne vient pas du dessus, d’un maquillage cosmétique sur la pellicule. Une image, il faut la prendre dans la profondeur à la perpendiculaire du plan de l’écran. Une image ne peut venir que d’une excavation. Elle vient toujours du dessous et des entrailles. Elle vient d’une descente dans la caverne. Une image doit se capturer comme on lance un filet, se prendre comme on dit prendre un poisson, comme on dit prendre une photo. Une image doit s’arracher à des racines même si le papier ne résiste pas bien. « En dessous ! En dessous ! Qu’y a-t-il derrière ? » Le regard doit sortir de l’évidence de façade et se perdre à construire les signes d’un passage. Un voile qui se déchire et laisse entrevoir : c’est la forme du désir. Ce qui est caché bien souvent nous regarde. Mais de ce regard qui se crée dans l’imagination, il nous reste bien plus que les certitudes d’un cliché.

Je cherche donc par frottage et grattage, des images qui me surprennent et qui, je l’espère, continuent d’agir et de se révéler au regardeur. J’ai fait pour Huesca une série de petits formats en teintes douces qui laissent apparaître des trames de tissus sur des empreintes minérales, comme un voile qui se serait incrusté dans la pierre.

Juillet 2011

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