Dominique Jalu
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Correspondances (Baudelaire)

mercredi 20 janvier 2010

Une idée qui me hante tandis que nous cherchons du sens. Comment prendre au sérieux les tentations de vouloir à tout prix donner du sens à la vie, au monde, aux êtres et aux événements qui nous entourent. Ces tentations de vouloir expliquer, de vouloir s’expliquer le pourquoi, le comment. Et puis il y a tant de questions qui se posent et chaque question posée qui entraîne mille questions supplémentaires.

Le champ des connaissances est en expansion. L’inconnaissable fructifie.
Est-ce une impression dictée par l’époque, notre terrible époque du recul et de la décadence de l’empire ? Le lamentable discours politique qui nous entoure, ici en France et ailleurs...

Or, la peinture procure des sensations qui touchent au mystère. Et lorsque surgissent les traces de questionnements anciens, tellement anciens qu’ils semblent avoir été là de tout temps et que le geste ne fait que révéler, en dehors même d’un projet, d’un dessein conscient, je me sens dans une "forêt de symboles".

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l’expansion des choses infinies,
Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.

Charles BAUDELAIRE, Les Fleurs du Mal

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Paysage potentiel (no 7 de la série)
2009.12 Acrylique sur papier Arches, 57 x 42 cm
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