Dominique Jalu
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Des arbres

mercredi 20 janvier 2010

Ecrit en février 2009...

Je n’ai pas de passé de peintre autre que le fait d’avoir toujours peint. Très
peu d’exposition. La première, il y a dix ans. J’ai travaillé dans le domaine
du multimédia et des sciences de l’éducation. J’ai réalisé des films et des
logiciels de formation pour des entreprises. Et entre l’écriture des lignes de
codes informatiques et des images infographiques, j’ai toujours eu besoin de
temps en temps de quitter l’écran de l’ordinateur. J’ai eu besoin de matière,
de pinceaux, de toiles, de couleurs…

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Vue de l’atelier

J’ai construit ainsi une façon de porter mes envies plastiques sans trop y
réfl échir comme un défoulement. J’ai cherché à avoir, comme on dit, les
mains dans le cambouis pour sortir du lisse et du virtuel. Et puis cela a pris
des proportions envahissantes et mon bureau est devenu progressivement
entièrement atelier de peintre.

des traces

Je ne cherche pas d’abord une image. Je n’ai pas de dessin préparatoire.
Je cherche surtout à mettre de la pâte, des taches, des traces. Un figuré
apparaît alors quelque fois, comme des formes peuvent se voir dans les
nuages, des personnages se deviner dans le motif d’un carrelage ou d’un
papier-peint, des paysages s’annoncer dans des ombres.

Et puis quelque fois des couleurs s’organisent pour donner à voir un relief
qui n’est que l’empreinte du mur sous la toile ou un jeu avec la couche du
dessous. Ce sont des paysages, des montagnes, des arbres et des forêts,
des vues aériennes, des vagues, des nuages… enfin, je crois.

des signes

Souvent des signes d’écriture viennent ensuite se rajouter comme un
texte sorti de la texture. Une écriture improbable qui, je crois, incite à
déchiffrer un sens à partir du hasard comme si on pouvait faire sortir
l’ordre du chaos.

Italo Calvino a écrit : « […] tout doucement la vie au milieu des signes avait
conduit à voir comme autant de signes les choses innombrables qui d’abord
se trouvaient là sans signaler autre chose que leur propre présence, elle les
avait transformées en signes d’elles-mêmes, et les avait ajoutées à la série
des signes faits exprès par qui voulait faire un signe… […] au signe fait exprès
s’ajoutait le signe tombé là par hasard » …

Ainsi il me faut attendre que le tableau se fasse comprendre par une révé-
lation jubilatoire qui indique la fin du travail. J’en retire l’impression d’une
compréhension plus vaste que je voudrais faire partager.

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Forêt verte orange
2008.12 Acrylique sur toile 130 x 97 cm.

P.-S.

Voir aussi le dossier « Jalu 2009 » (PDF 14 Mo)

PDF - 14 Mo
Dossier Jalu 2009
Les deux textes "Des arbres" et "Voiles" réunis et diverses photographies de toile et de l’atelier.
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